Dans les coulisses de la Semaine du Goût

14 septembre 2018/Margot Zbinden

Depuis 18 ans, c’est le temps fort de la rentrée pour tous les gourmets helvétiques. Reitzel est partenaire de cette édition 2018, nous vous proposons une interview exclusive de Josef Zisyadis, directeur de cette manifestation d’envergure nationale !

 Josef Zisyadis

Josef Zisyadis, la Semaine du Goût se déroule du 13 au 23 septembre. Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer?

J.Z.: Dès la première année de lancement de la Semaine suisse du Goût, il y a 18 ans, notre volonté a été de sensibiliser les jeunes au goût, au respect de la nourriture, au plaisir de cuisiner et au bien manger.  Au fond, l’enjeu principal est de se mobiliser et d’agir pour que les générations futures puissent manger mieux qu’aujourd’hui.

Comment agir auprès des jeunes générations?

J.Z.: De notre point de vue, il est nécessaire d’instaurer une véritable éducation au goût à l’école. L’école a en effet un rôle essentiel à jouer pour faire entrer la vie agricole dans les cantines, dans les préaux et les cours. Il ne s’agit pas seulement d’éducation nutritionnelle et de pyramide alimentaire à appliquer consciencieusement. La nourriture, c’est la vie, ce sont des paysans, ce sont des traditions, et c’est surtout de la convivialité et de l’amour. Bref, il y a du plaisir derrière tout cela. Si autrefois cela se transmettait naturellement de génération en génération, ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui.

Quelle est l’origine de cette rupture de transmission?

J.Z.:Les récoltes à haut rendement et la monoculture ont pris la place de la biodiversité. Les méthodes agricoles industrielles à forts intrants ont dégradé les écosystèmes.  Nous sommes entrés dans l’ère de la monotonie alimentaire. La viande industrielle, le riz, le blé, le maïs, partout identiques, sont en train de nous transformer en handicapés du goût. Cette manière de consommer est en train de ruiner nos artisans, éradiquer notre agriculture paysanne et empoisonner notre environnement.

N’y-a-t’il pas des raisons d’espérer?

J.Z.: Oui, bien sûr. De plus en plus d’initiatives voient le jour pour inverser la vapeur. Je pense notamment aux Bons Jeunes, ces bons-repas gastronomiques de la Semaine du Goût qui permettent aux 16-25 ans d’accéder à des grandes tables pour 60 francs. Cette idée rassemble les plus grands tables de Suisse. Elle mobilise à la fois un nouveau public, des restaurateurs et des vignerons enthousiastes. Je pense aussi à la Semaine du Vin Suisse mise sur pied par Swiss Wine Promotion. Plus de 1000 restaurants et 1000 vignerons s’associent pour faire découvrir l’excellence des vins suisses aux quatre coins de notre pays. Pour la troisième fois, la Semaine du Vin suisse fait partie intégrante de la plateforme du goût du mois de septembre. Je salue également les efforts du groupe Reitzel qui a choisi de mettre à l’honneur les cornichons et concombres suisses, faisant ainsi perdurer une culture qui avait pratiquement disparu de notre pays. Tout cela va dans le bon sens et nous donne de bonnes raisons de croire en la justesse de notre engagement.

Merci à vous, et belle Semaine du Goût 2018 à tous !

 

Margot Zbinden

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Margot Zbinden

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Chez Reitzel, Margot est responsable de la communication et du digital. Elle soutient l’équipe Marketing et coordonne les projets numériques.